Biographie de Tourville

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DE TOURVILLE (Anne-Hilarion de Cotentin, Comte) mort le 28 Mai 1701, âgé de 59 ans.

Reçu à Malte dès l'âge de quatre ans, connu fous le nom de Chevalier de Tourville, prit celui de Comte de Tourville le 15 Janvier 1690.

Dans ses caravanes il donna plus d'une fois des preuves de sa valeur dans l'attaque des galères Turques. Il combattit pendant huit heures entières six vaisseaux Algériens qu'il mit en fuite ; dans une autre occasion il combattit pendant neuf heures contre trente-six galères, tua aux Turcs cinq cents hommes.

On le fit Capitaine de vaisseau en 1667.

Il était le 7 Juin 1672 à la bataille de Soultsbaie, sous le Comte d'Eslrées. Au combat naval entre la flotte de France & d'Angleterre, & celle de Hollande sur les côtes de Hollande le 7 Juin 1673 au second combat proche de Kidduin & du Helder le 21 Août.

Commandé sur la fin de 1674 avec trois vaisseaux pour aller dans le golfe de Venise, il brûla sous la ville de Barlet un vaisseau de Raguse qui avait porté des troupes aux ennemis, canonna la place, prit un vaisseau de cinquante pièces de canon chargé de bled & d'autres provisions, dont il secourut Messine au commencement de 1675. Il prit encore quelques autres vaisseaux sous la ville de Brindes, il revint à Messine, canonna la ville de Regio, escorta un vaisseau qui brûla dans ce port un vaisseau de guerre & quatorze bâtiments. Il combattit le 9 Février près de Messine sous le Duc de Vivonne qui mit en fuite la flotte Espagnole, entra le premier dans le port d'Agousta, prit le fort d'Aroley. Les autres forts & la ville même se rendirent le 17 Août.

Au combat du 8 Janvier 1676 entre Stromboly & Salino près de Melazzo, il conduisit le brûlot destiné à brûler le vaisseau que montait l'Amiral Ruyter. Il se distingua au second combat naval au Nord-est du Mont-Gibel le 12 Avril, au combat du 2 Juin dans le port de Palerme. On le fit Chef d'escadre en 1677.

Créé Lieutenant général des armées navales en 1682. Au bombardement d'Alger le 30 Août, il posta en plein jour la première galiote pour bombarder.

Au bombardement de Gènes le 17 Mai 1684, après le débarquement il fut un des premiers qui força l'épée à la main les retranchements des ennemis.

Il servit Lieutenant général sur la flotte de la Méditerranée sous le Duc de Mortemart en 1686.

Il contraignit en 1688, après un combat de trois heures le Vice-Amiral d'Espagne à saluer de neuf coups de canon le pavillon de France.

Commandant en 1689, une escadre de vingt vaisseaux de guerre, il passa le détroit de Gibraltar, & à la vue des ennemis alla se joindre au reste de l'armée Française dans le port de Brest. On le fit Vice-Amiral du Levant au mois d'Octobre, avec permission d'arborer le pavillon Amiral.

Il battit le 10 Juillet 1690, vers le Cap de Bevesiers dans la Manche, la flotte d'Angleterre & de Hollande commandée par Herpert, qui perdit dans ce combat trois vaisseaux : le lendemain il fut obligé d'en couler quatre à fond, d'en faire fauter trois des plus gros qui étaient entièrement démâtés. Le 12, le Comte de Tourville en fit échouer deux Hollandais, quatre autres se brûlerent le 5 Août ; il brûla quatre vaisseaux de guerre Anglais & huit bâtiments marchands richement chargés dans la baye de Tingmouth.

Le Comte de Tourville en 1692, eu ordre d'entrer dans la Manche, & de combattre les ennemis forts ou faibles. Il les rencontra entre l’isle de Wigt & Barfleur le 29 Mai. Les deux flottes ennemies composaient ensemble quatre-vingt vaisseaux de guerre & dix-huit brûlots, portaient trente-cinq mille six cents soixante-un hommes, & cinq mille huit cents quarante-six pièces de canon. Elles furent encore jointes par sept autres vaisseaux, lorsque l’action commença. Le Comte de Tourville n'avait que quarante-quatre vaisseaux de guerre & onze brûlots. Il commanda le corps de bataille. On se battit depuis la pointe du jour jusqu'à la nuit. Le vaisseau du Vice-amiral étant criblé de coups de canon, le Comte de Tourville craignit d'être accablé par le nombre & songea à la retraite : treize de ses vaisseaux n'ayant pu gagner Saint-Malo, parce qu'il n'y avait point assez d'eau, l'on en brûla dix à la Hogue, les ennemis brûlèrent les trois autres à Cherbourg. Les Hollandais eurent cent quarante-quatre hommes tués, trois cents blessés, deux navires endommagés ; les Anglais deux mille hommes tués, trois mille blessés ; ils perdirent deux vaisseaux, deux autres mis hors de combat se retirèrent dans les ports d'Angleterre. Le Comte de Tourville, après avoir soutenu avec une intrépidité extraordinaire le plus furieux choc, après avoir fait plier la flotte des ennemis, se serait retiré sans perte, si les vents ne lui eussent point été contraires. Ayant levé l'ancre devant Cherbourg à onze heures du soir la nuit du 30 au 31, il entra dans le Ras: il se voyait à cinq heures du matin à quatre lieues des ennemis ; & de trente-cinq vaisseaux qu'il conduisait, vingt avaient passé le Ras, les quinze autres étaient dehors à une portée de canon, lorsque le vent leur manquant tout à coup, ils furent contraints d'y mouiller, & se trouvèrent sous le vent des ennemis séparés des autres vingt.

Le Roi le fit Maréchal de France, par état donné à Versailles le 27 Mars 1993. Il prêta serment le 28, attaqua entre Lagoz & Cadis le Vice-amiral Rook qui escortait la flotte de Smirne, lui prit, brûla, ou coula à fond soixante & quinze vaisseaux richement chargés.

Le Maréchal au siège de Palamos prise d'assaut le 7 Juin 1694 battit la place par mer.

Il commanda au pays d'Aunis, par pouvoirs des premier Mai 1696 & 7 Mai 1697, & mourut à Paris (Voyez les Mémoires du temps, les Mémoires du Pere d'Avrigny, le Joumal historique du Pere Griffer, l'Histoire militaire par M. de Quincy, Bauclas, le Président Hénant, son état de Maréchal de France).

Résumé

Extrait de la Chronologie historique-militaire, contenant l'histoire de la création de toutes les charges, dignités et grades militaires supérieurs, de toutes les personnes qui les ont possédés... des troupes de la maison du Roi. Suite des maréchaux de France, les grands maîtres de l'artillerie, les colonels généraux (8 vol. ; in-8, pp92-96) par M. Pinard (ancien archiviste du ministère de la Guerre)

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