Le cidre

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J’aime le doux fumet qui sort de la bouteille
En lançant au plancher bruyamment le bouchon ;
Mais je laisse le vin aux amis de la treille,
De mon cidre normand je préfère un cruchon.

J’aime tes flot ambrés, ô pur jus de la pomme,
Tu remplis mon cristal, mousseux et pétillant,
Tu verses la gaîté dans les veines de l’hommes,
Gloire de nos coteaux, vrai champagne normand.

Quand le travail est dur, quand la chaleur est grande,
N’ayant pas confiance en la vertu de l’eau,
Pour me désaltérer, j’ai ma boisson normande :
Je tire un pot de cidre au fausset du tonneau.

Quand midi sonne au bourg et que la table est prête,
Le fermier, la fermière et chaque serviteur,
Dans leur tasse de cidre émiettent la galette
Et font de ce mets simple un repas de seigneur.

Et puis quand vient l’hiver, près de la cheminée,
Le dimanche, on s’assemble, et tous, assis en rond,
On parle du passé, des faits de la journée,
Buvant un pot de cidre et mangeant des marrons.

Lorsque j’ai des amis et qu’on fête en famille,
Toujours je fais goûter de mon meilleur tonneau ;
De mon cidre pur jus qui mousse et qui pétille,
Je prends une bouteille au fond de mon caveau.

J’aime le doux fumet qui sort de la bouteille
En lançant au plancher bruyamment le bouchon ;
Mais je laisse le vin aux amis de la treille,
De mon cidre normand je préfère un cruchon.

Résumé

Poésie d'Eléanor Daubrée extraite du recueil Les Fleurs de mon Pays publié en 1912.

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