La ferme normande

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Un petit vicinal bordé de peupliers,
Tout au fond, c’est la ferme avec ses dépendances :
Les granges d’un coté, de l’autre les celliers,
Puis le fenil comblé des grandes abondances.

Voici la large cour avec son grand trottoir
Qui longe la maison ainsi que les étables,
Le puits avec son treuil et tout près l’abreuvoir,
Trésors pour la santé, source des eaux potables.

Ici, près du jardin, c’est l’antique pressoir
Avec son auge en pierre et sa meule en chêne
Qui tournera bientôt du matin jusqu’au soir,
Ecrasant sous son poids la vendange prochaine.

Et là c’est la remise au porche large ouvert
Où peut passer sans peine une énorme charrette
Et qui laisse entrevoir, au bord du verger vert,
Un pommier magnifique où le regard s’arrête,

Le hangar et la faux, l’acier luisant du soc,
L’outil pour la moisson, l’outil pour la semaille,
Et puis la basse-cour, les poules et le coq
Qui picorent parmi de menus brins de paille.

Pintades et canards, d’un tumulte de cris
Emplissent tout l’enclos si calme de la ferme,
Le dindon qui les voit s’écarte avec mépris
Et dans un lier mutisme à loisir se renferme.

Près du ruisseau, là-bas, dans le recueillement
De la vaste prairie et sous un ciel superbe
Paissent en liberté vaches et bœufs normands,
Tandis que sous leurs pas l’herbe pousse après l’herbe.

Dans le cadre muet du même clos herbeux,
Une jeune jument qui semble effarouchée,
S’élance à tout galop, passe près des grands bœufs
Qui suivent du regard sans perdre une bouchée.

Ils paissent, les grands bœufs rêveurs et indolents ;
Ils paissent, mais toujours plus haute et reverdie
L’herbe du Cotentin monte jusqu’à leurs flancs :
O les bœufs, les beaux bœufs, les bœufs de Normandie !

Résumé

Poésie d'Eléanor Daubrée extraite du recueil Les Fleurs de mon Pays publié en 1912.

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