Intérieur Normand

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Haute, large et profonde, avec sa cheminée
Avec son vieux bahut, l’horloge, le dressoir,
La cuisine est la pièce où finit la journée
Dans le calme discret des doux propos du soir.

Et tandis que le feu de la bûche étincelle,
Donnant un gai sourire aux chopines d’étain,
L’or blond de ses reflets courts parmi la vaisselle,
Sur les cannes de cuire et les vases d’airain.

Sur les panneaux sculptés du grand bahut antique
Dans le bois vermoulu paraissent des bergers,
Un long rayon parcourt leur ronde fantastique
Montrant leur corps rigide et leurs membres légers.

La vieille horloge est là dans sa boite de chêne
Avec son balancier au gros disque poli
Qui tictaque, bruyant, chaque heure qui s’égrène
Dans l’urne du passé que sa marche remplit.

La table est près du feu, longue, large, massive
Avec son fort tiroir et son banc à dossier ;
La ménagère, propre, intelligente, active,
Dessert, remet le pain dans la manne d’osier.

Oubliant un moment le labeur opiniâtre,
Pour reposer leurs bras des fatigues du jour,
Les hommes sont assis en rond autour de l’âtre,
Ils parlent du marché, des bêtes, du labour.

Et parfois un enfant, front penché sur un livre,
Au cercle familial lit un conte charmant :
O les bons soirs d’hiver ! n’est-il pas doux de vivre
Dans le calme attendri de l’intérieur normand.

Summary

Poésie d'Eléanor Daubrée extraite du recueil Les Fleurs de mon Pays publié en 1912.

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